C'est pourquoi (2) : séparé du monde

Comme nous l'avons dit dans le premier article, le vrai chrétien est «justifié», déclaré «juste», parce que la justice de Christ a été imputée sur son compte. Il est en règle avec Dieu, et n’est plus sous la condamnation de la loi.

Devant cette déclaration, certains vont en déduire que le croyant est donc libre de vivre comme il le veut, puisqu’il a été justifié, puisqu’il est en règle avec Dieu. Mais ces personnes séparent deux choses que la Bible ne séparent pas : la justification et la sanctification. Pour ces personnes, la sanctification est une œuvre qui suit, et qui est accomplie soit par Dieu, soit par les efforts du croyant. Dans ce dernier cas, ces personnes n’hésitent pas à décrire ceux qui soulignent que tout est en Christ comme étant «antinomien», sans loi.

Or la Parole de Dieu, qui déclare que le salut dans sa totalité est l’œuvre de Christ, ne sépare pas ces deux facettes du salut. Elle déclare, au contraire, que l’homme justifié, en règle avec Dieu, ne peut pas vivre impunément dans le péché, puisqu’il est une nouvelle créature. En justifiant la personne qui se confie en Christ, Dieu l’appelle aussi à lui-même, il l’a met à part pour lui, elle est séparée du monde, elle est une nouvelle créature: elle est sainte.

L’apôtre Paul traite de cette question au début de Romains 6. Et la première chose que fait l’apôtre est de nous renvoyer à Christ et à sa mort. Et il le fait avec force, comme si cela ne devait pas être une surprise. Il écrit au v 3 : «Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est en sa mort que nous avons été baptisés?» Si le croyant est uni à Christ par la foi, si sa vie dépend de Christ, si sa justification dépend de Christ, si Christ est le Substitut, le Représentant pour son peuple, pour ceux qui croient en lui, n’est-il pas logique que cette union soit valable, non seulement pour la justification, mais pour toute l’œuvre de Christ ?

C’est ce que l’apôtre souligne ici en Romains 6. La vie parfaite de Christ a répondu à toutes les exigences de la loi, et Christ l’a fait en tant que Substitut ou Représentant pour son peuple. Mais il est aussi venu prendre sur lui les péchés de son peuple. Il a été fait péché pour nous, lui qui n’a point commit de péché.

Au v 10, Paul écrit: «... c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes». Il est question ici de la culpabilité du péché. Jusqu’à sa mort, Jésus portait le péché de son peuple, il l'avait pris sur lui, c’était devenu sa dette. Et il est mort pour payer cette dette. Il l’a fait de manière parfaite, complète. C’est ce que souligne l’auteur de la lettre aux Hébreux.
«Mais Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n'est pas construit de main d'homme, c'est-à-dire qui n'est pas de cette création; et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle... Et ce n'est pas pour s'offrir lui-même plusieurs fois qu'il y est entré, comme le souverain sacrificateur entre chaque année dans le sanctuaire mais pour offrir un autre sang que le sien; autrement, il aurait fallu qu'il ait souffert plusieurs fois depuis la création du monde; mais maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour effacer le péché par son sacrifice. Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, de même Christ, qui s'est offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup d'hommes, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l'attendent pour leur salut.» (Hébreux 9 v 11-12, 25-28)
«C'est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l'offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. Et tandis que tout sacrificateur fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais ôter les péchés, lui, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s'est assis pour toujours à la droite de Dieu; il attend désormais que ses ennemis soient devenus son marchepied. Car, par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés.» (Hébreux 10 v 10-14)
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Cette dette a été payée, et Jésus-Christ est libre du péché qu'il avait pris sur lui en tant que Substitut pour son peuple. Quand il apparaîtra une seconde fois, il apparaîtra sans péché (Hébreux 9 v 28), il apparaîtra dans sa gloire.

Revenons à Romains 6. L’apôtre affirme que le croyant est mort au péché (v 2), il est mort à la culpabilité du péché.
Au verset 6, il dit que notre vieil homme a été crucifié avec Christ, nous ne sommes donc plus esclave du péché, nous ne sommes plus sous son autorité. Il le dira en d'autres termes en Galates 2 v 20: «J'ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n'est plus mois qui vis, c'est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi.»
Au verset 7, l'apôtre continue en affirmant que le croyant est libre du péché = il est justifié du péché (voir Actes 13 v 38-39 : «Sachez donc, hommes frères, que c'est par lui (Jésus) que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse»).
Mort en Christ, le croyant n'appartient plus à ce monde, même s'il y vit encore. Il est né de l’Esprit-Saint: il ne peut être encouragé à vivre dans le péché. Il est libre, mort au péché, c'est-à-dire libéré de la puissance du péché.
Par nature, l'homme est coupable, il est sous l’emprise du péché.
En Christ, le croyant est «non-coupable», il en est libre.

Mais le croyant n'est pas simplement mort avec Christ, il est aussi ressuscité, vivant avec lui.
Si Jésus-Christ est ressuscité, c'est l'assurance que sa mort de substitution est suffisante pour satisfaire la justice de Dieu, l'assurance qu’il accomplira ce qu’il a promis puisqu’il est vivant pour le faire.
En Romains 6 v 10b, Paul précise que «c’est pour Dieu qu’il vit». Le Fils de Dieu, venu dans la nature humaine, est venu pour faire la volonté de son Père et lui donner gloire. Et cela caractérise son ministère après sa résurrection. «Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir réduit à l'impuissance toute domination, toute autorité et toute puissance.» (1 Corinthiens 15 v 24)

Et l’apôtre de souligner le parallèle avec la situation du croyant qui est uni à Christ. Il nous faut être clair sur cette réalité.
Au v 11, il dit que le croyant est mort au péché, mort à la culpabilité du péché. Le péché (qui est en l'homme par nature) ne peut plus condamner le croyant puisqu'il est mort avec Christ. Mais le croyant est ressuscité avec Christ, et appelé à vivre pour Dieu. Nous verrons plus loin ce que Paul dit en Romains 7, où il souligne que le vieil homme est toujours là, qu'il pousse le croyant à commettre le péché. Mais le croyant n’est plus sous le règne du péché, il vit pour Dieu.
Il est nécessaire de bien saisir cette réalité, sinon le service pour Dieu sera incorrect. Ce sera un service selon la lettre et non selon l’esprit. Rien de ce que je fais ne me rendra davantage mort au péché, parce que je SUIS mort au péché avec Christ, et vivant pour Dieu en lui.
Convaincu de cette réalité, le croyant peut jouir de cet esprit d’adoption: la joie dans le Seigneur, l'espérance par la puissance de l’Esprit, la conscience en paix, la soumission et l'obéissance.

Mais comment le croyant vit-il pour Dieu ?
C’est l’exhortation que nous avons aux versets 12-13.

«Que le péché ne règne DONC point…» Le péché est toujours présent chez le croyant, il sera toujours présent chez le vieil homme, cette nature que nous avons héritée de nos parents (1 Jean 1 v 8: «Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous.»). Mais le nouvel homme, celui qui est né de Dieu, lui, ne peut pécher (1 Jean 3 v 9: «Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui; et il ne peut pécher, parce qu'il est né de Dieu.»).
L’exhortation que donne l'apôtre ici est un appel à ne pas retomber en esclavage, à ne pas suivre l'«ancienne nature» (nous verrons plus tard qu'il y a un combat pour le croyant). Paul s’adresse à des chrétiens, des saints, c'est-à-dire des personnes sanctifiées, mises à part, transformées par Jésus-Christ. Il les exhorte à vivre selon cette «nouvelle identité», cette nouvelle nature, à veiller que l’ancienne ne les ramène pas à un esclavage. Et pour cela, il exhorte le croyant à se donner entièrement à Dieu. Être chrétien, ce n'est pas adopter une religion, c'est vivre pour Dieu parce qu'il a donné une vie nouvelle en Christ.

L’apôtre conclut cette partie par ce résumé au verset 14, qui nous emmène au point suivant que nous verrons plus tard. Mais il implique ceci :

Tous les hommes sont sous la loi de Dieu. S’ils ne sont pas unis à Christ par la foi, ils sont sous la condamnation de la loi.

Le croyant est libre de la loi, parce qu’un autre a pris sa place et l’a accomplie pour lui.
Le croyant, même dans l’Ancien Testament, n’est pas sous la loi comme alliance, parce qu'il regarde toujours à Christ.
Il est sous la grâce: il connaît l’Éternel, la loi est inscrite sur son cœur, la crainte de l’Éternel est en lui, ses péchés sont effacés, chassés, oubliés.
Un homme sous la loi n’a que sa force pour obéir, c’est-à-dire que le péché règne sur son cœur puisqu’il ne peut pas vaincre le péché par lui-même. Il demeure sous la condamnation de la loi.
Un homme sous la grâce est équipé par Dieu pour de bonnes œuvres, c’est-à-dire le péché ne règne pas, il est libre, justifié du péché, il ne peut plus être condamné.

L’apôtre peut avoir cette assurance: le péché ne dominera pas dans le cœur du croyant. Et cela n’est pas un prétexte pour vivre dans le péché, c’est un encouragement à persévérer dans les difficultés et dans les chutes, parce que la victoire est en Christ, et en lui seul.

Le croyant est séparé du monde, libéré de l'esclavage du péché, et il vit pour Dieu. Non pas par ses propres mérites ou forces (il en est incapable), mais uniquement par la foi en Jésus-Christ.

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