C'est pourquoi (5) : un conflit réel

Dans le passage de Romains 7 v 14-25, Paul décrit la réalité d'un conflit chez le croyant.
C'est un passage souvent mal compris à cause du «perfectionnisme» de John Wesley par exemple, qui affirme que le croyant «sort» de Romains 7 pour «entrer» en Romains 8, qu'il sort du conflit que connaît un jeune croyant pour arriver à la perfection et la victoire totale dans la maturité spirituelle.
Rappelons-nous cependant que Paul n’écrit pas en chapitres, mais qu'il écrit une lettre dans laquelle il développe son argumentation. Ce que Paul dit ici, il le dit ailleurs, par exemple en Galates 5 v 17: «Car la chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudiez.»

La réalité du conflit

Paul parle donc de la réalité d’un conflit entre les deux natures qui coexistent chez le croyant : la nature héritée des parents, propre à l'être humain, une nature pécheresse appelée «la chair», et une nature nouvelle, créée par Dieu, et parfaite.
Aucun croyant n’arrive à atteindre le standard, la norme exigée : non pas la norme de la religion, mais la norme de Dieu. Il s’exclame avec Paul en Romains 7 v 19 : «Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas.» Ce n’est pas qu’il désobéit volontairement à la loi de Dieu, mais il est loin du modèle de vie de Jésus-Christ, et il y a encore trop de la chair en lui…
C’est pourquoi le croyant doit reconnaître ses fautes quotidiennement, comme le dit Jacques (3 v 2) : «Nous bronchons tous de plusieurs manières.»
  Le cœur régénéré s'écrie au v 24 : «misérable que je suis !»

Le conflit se voit dans les versets suivants.

Au v 22 nous lisons : «Je prends plaisir à la loi de Dieu», c'est-à-dire qu'elle elle est écrite sur mon cœur, elle est la révélation de la volonté de Dieu mon Créateur, et je veux le servir parce qu’il a changé mon cœur. Il m’a racheté, m’a amené à Lui par sa grâce (alors que j’étais rebelle). Je suis à Lui, mon cœur est nouveau, ma vie est nouvelle. Je suis né de nouveau… Hébreux 8 v 10 affirme que c’est le terme de la Nouvelle Alliance : «Je mettrai mes lois dans leur esprit, je les écrirai dans leur cœur; et je sera leur Dieu, et il seront mon peuple.»

Mais l'auteur constate au v 23 qu'il y a un problème grave. Le croyant voit dans ses membres une autre loi, une loi qui est dans sa chair. Elle œuvre dans sa personnalité, sa mémoire, son imagination, sa volonté, son cœur, ses affections (d’où l’exhortation en 6 v 12 : «Que le péché ne règne pas donc point dans votre corps mortel, et n'obéissez pas à ses convoitises.»)

Et cette loi de la chair s’oppose à la nouvelle loi (de la grâce), et elle rend le croyant captif de la loi du péché…
Dans quel sens ?
- les pensées vagabondent quand le croyant lit la Parole
- des mauvaises pensées viennent dans le cœur (Marc 7 v 21) alors que le croyant veut prier
- des rêves, des images reviennent pour détourner son attention
Le croyant est captif de la loi du péché qui est dans ses membres, et ce n’est pas lui (v 20). Ce n’est pas du fatalisme «je n’y peux rien», mais c’est son ancienne nature, il ne veut pas, il fait ce qu'il ne veut pas…
Une seule pensée mauvaise, stimulée par cette nature mauvaise qui est dans la chair, et le croyant devient esclave, captif. Il ne cherche pas à produire ces pensées, elles lui viennent par sa nature pécheresse (d’où l’exhortation à ne pas les obéir – 6 v 12).

v 25 : je suis par la chair esclave de la loi du péché

C’est en prenant conscience de la réalité de ce conflit que l’on voit notre condition et notre dépendance de Christ. Quand le croyant s’exprime ainsi («misérable que je suis !»), il est arrivé au point de réaliser qu’il n’y a rien de bon en lui. Il a découvert la nature horrible du péché qui l’habite, et il est impatient de connaître la délivrance complète.

C’est l’expérience normale du chrétien «en bonne santé». Si l’on n’en est pas conscient sur une base quotidienne, c’est que notre communion avec Jésus est rompue, que nous ne sommes pas au clair sur l’enseignement de la Parole, que nous ne voyons pas la vraie nature de notre cœur.

Quand nous nous soumettons à l’enseignement de l’Écriture, qu’y voyons-nous ? Le péché a causé un dégât immense, dans toute la constitution de l’homme : TOUT est pollué par le péché, même notre propre justice n’est que vêtement souillé… Et Dieu exige une sainteté parfaite : ses yeux sont trop purs pour voir le mal… mais aucun homme ne peut atteindre cette sainteté de lui-même : notre amour est froid, notre cœur est orgueilleux, nos pensées vagabondent, nos actions ne sont pas pures, elles sont polluées par le péché… notre cœur est ingrat, il n’apprécie pas à sa juste valeur la grâce de Dieu, il manque de ferveur dans son adoration de Celui qui est le Roi des rois… notre chair est rebelle, elle nous pousse même à murmurer contre la providence de Dieu…
Et plus nous nous approchons de Jésus-Christ dans une communion intime, plus nous découvrons la corruption de notre vieille nature. Plus nous nous approchons de celui qui est la lumière, plus nous voyons la réalité de ce cœur tortueux et corrompu : misérable que je suis !
Cette réalisation, ce cri vient du cœur de ceux qui marchent avec le Seigneur dans une intimité réelle :
Abraham (Genèse 18 v 27), Job (40 v 4), Esaïe (6 v 5), Paul (1 Timothée 1 v 15)…
Voilà l’expérience du croyant quand il marche sur terre avec le Seigneur…

l’espérance du croyant

Ce cri (v 25) n’est pas un cri de désespoir, mais le désir de trouver l’aide en quelqu’un qui est au-dessus de lui.
«ce corps de mort» : cette nature charnelle qui possède divers membres, (7 v 23), ce «moi» charnel, pécheur…
Et la réponse qu’il donne regarde vers l’avenir.
Question : qui me délivrera ?
Réponse : Jésus-Christ le fera.
Ce n’est pas l’œuvre de l’Esprit comme certains l’enseignent. Paul ne dit rien de l’Esprit ici. Ce n’est pas l’œuvre de l’Esprit quand il vient habiter le cœur du croyant. C’est l’œuvre future de Jésus-Christ, lors de son avènement dans la gloire. Le mortel revêtira l’immortel…

Et pour souligner que cette délivrance est future, l’apôtre donne cette conclusion : v 25b.
Paul vient de remercier Dieu pour la délivrance à venir, et il résume pour terminer, ce qu’il vient de dire. Voilà la dualité de la vie chrétienne.
La nouvelle nature obéit à la loi de Dieu, elle ne peut pas pécher, elle est née de Dieu ; l’ancienne nature sert la loi du péché, et elle le fera jusqu’à l’avènement de Jésus-Christ.
Paul le dit à la fin de sa vie en 1 Timothée 1 v 15 : «C'est une parole certaine et entièrement digne d'être reçue, que Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier.» Ce n’est pas une fausse modestie, mais une conviction profonde de quelqu’un qui a vu la profondeur de la corruption de son propre cœur et la sainteté parfaite de Dieu qu’il ne peut atteindre de lui-même…

En d’autres mots : le croyant a faim et soif de justice, sa nouvelle nature recherche la justice. Mais il se présente devant Dieu avec la justice parfaite de Jésus-Christ. Le jour où il est avec Lui dans la gloire, il n’aura plus ni faim ni soif. Il sera rassasié, car il sera parfait comme Jésus-Christ est parfait.
Et Christ nous présentera devant Dieu, irréprochables !

Que dire en conclusion ?

Apocalypse 3 v 17 est le seul autre passage où l’on trouve le terme «misérable». L’église de Laodicée n’avait besoin de rien, elle était orgueilleuse, se satisfaisant de ses œuvres. Mais elle n’avait pas conscience de sa misère. «Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu...»
Cet esprit peut nous guetter, nous amener à penser que nous sommes «arrivés» : nous avons reçu la 2ème bénédiction, le baptême de l’Esprit, la victoire parfaite, nous avons quitté Romains 7 pour entrer en Romains 8…

C'est une vue trop respectable de nous-mêmes, et nous avons besoin d’humilité pour voir la réalité horrible de notre vieille nature qui nous rend captif de la loi du péché. Pour celui qui appartient à Christ, il y aura un conflit entre les 2 natures, aussi longtemps qu'il sera sur terre…

Mais la délivrance approche. Philippiens 3 v 20-21 : «Mais nous, nous sommes citoyens des cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu'il a de s'assujettir toutes choses.» Le croyant se glorifiera en Christ dans le ciel, mais il veut le faire déjà sur terre. Il ne se repose par sur son obéissance, car elle est imparfaite, mais il se repose sur Lui : Jésus est sa délivrance, son salut. En lui-même, il n'est rien. Mais il a tout pleinement en Christ.

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