les Témoins et la Trinité (1)


Voici une analyse de la brochure « Doit-on croire à la Trinité ? » des Témoins de Jéhovah. Cette analyse suit le plan de cette brochure et examine l'enseignement des Témoins de Jéhovah.

« Examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon » (1 Thessaloniciens 5:21).

Chapitre 1 - Définissons la Trinité

Ce que les chrétiens veulent exprimer par ce terme « Trinité », c’est que les trois Personnes mentionnées dans la Bible, le Père, le Fils (Jésus), et le Saint-Esprit sont UN Dieu. Le Père, le Fils, et l’Esprit Saint sont égaux en nature, éternels, et non créés. Ils co-existent, co-créent, et co-règnent sur ce monde présent tout en étant distinct dans leurs personnes. Cependant, ils partagent leur nature éternelle en tant que Dieu unique et véritable.

Les Témoins de Jéhovah nient la doctrine de la Trinité et argumentent contre la divinité de Jésus-Christ sur la base d’une mauvaise compréhension de cette doctrine et de ce qu’elle affirme.

L’argumentation des Témoins de Jéhovah est la suivante

« Jésus indique ici que son Père, c’est-à-dire le Dieu Tout-Puissant, et lui sont deux entités différentes ; autrement, comment pourraient-ils constituer deux témoins ? »

« Dieu voulait-il dire qu’il était son propre fils, qu’il s’agréait et qu’il s’était envoyé lui-même ? »

« Qui Jésus priait-il ? Une partie de lui-même ? Non… »

« Celui qui paraît devant la face de quelqu’un peut-il être ce quelqu’un ? Non, il est nécessairement différent et distinct de lui. »

« Celui qui est « avec » quelqu’un ne peut pas être ce quelqu’un. »

(Doit-on croire à la Trinité ?, p.17-19,27)

La définition historique de la Trinité est donnée par le Symbole d’Athanase.

«  … nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit ; mais une est la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la gloire, coéternelle la majesté.

Comme est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le Saint-Esprit : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le Saint-Esprit ; infini est le Père, infini le Fils, infini le Saint-Esprit ; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit ; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel ; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais un incréé et un infini. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ; et cependant ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu… Et dans cette Trinité il n'est rien qui ne soit avant ou après, rien qui ne soit plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales. Si bien qu'en tout, comme on l'a déjà dit plus haut, on doit vénérer, et l'Unité dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité. Qui donc veut être sauvé, qu'il croie cela de la Trinité.

Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi en l'incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. C'est donc la foi droite que de croire et de confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. Il est Dieu, de la substance du Père, engendré avant les siècles, et il est homme, de la substance de sa mère, né dans le temps ; Dieu parfait, homme parfait composé d'une âme raisonnable et de chair humaine, égal au Père selon la divinité, inférieur au Père selon l'humanité. Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'y a pas cependant deux Christ, mais un Christ ; un, non parce que la divinité a été transformée en la chair, mais parce que l'humanité a été assumée en Dieu ; un absolument, non par un mélange de substance, mais par l'unité de la personne. Car, de même que l'âme raisonnable et le corps font un homme, de même Dieu et l'homme font un Christ. Il a souffert pour notre salut, il est descendu aux enfers, le troisième jour il est ressuscité des morts, il est monté aux cieux, il siège à la droite du Père, d'où il viendra juger les vivants et les morts… »
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Symbole_d%27Athanase)

Trois principes de base concernant la doctrine de la Trinité

1) La Trinité n’est pas le modalisme, cet enseignement qui affirme que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont une seule et même personne.

« sans confondre les Personnes ni diviser la substance » (Symbole d’Athanase)

Étant donné que les chrétiens ne croient pas que le Père et le Fils soient la même personne, l’argument des Témoins de Jéhovah (qui affirme que la Trinité est déraisonnable parce que Jésus ne priait pas à une partie de lui-même) n’a en réalité aucun fondement. L’argument de la Société des Témoins de Jéhovah sert à rendre la question plus confuse en citant de travers ce que les chrétiens croient. Il en est de même pour l’usage fréquent par les Témoins de Jéhovah de l’expression « n’est pas membre d’une Trinité », en faisant référence à l’Esprit Saint (p.20). Les chrétiens affirment que les trois Personnes de la Trinité sont « distinctes », mais chacune est entièrement Dieu, chaque Personne est pleinement Dieu et non pas un tiers de Dieu. Plutôt que d’être divisé en trois parties, Dieu se révèle comme un Être composé qui est « UN », et qui fait référence à lui-même en des termes au singulier comme « je » ou « moi ».

Walter Martin, fondateur de Christian Research Institute, décrit les mathématiques de la Trinité comme étant, non pas 1+1+1=3, mais 1x1x1=1.

2) La Trinité n’est pas le trithéisme, cet enseignement qui affirme que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois « dieux ».

« Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu » (Symbole d’Athanase)

L’expression « Personnes de la Trinité » n’est pas utilisée pour parler d’une existence individuelle séparée, comme c’est le cas lorsque l’on parle d’un père, de son fils, et de son petit-fils. Au contraire, en parlant de la Trinité, le terme « personne » est employé pour désigner la relation qui existe entre le Père, le Fils, et le Saint-Esprit. Chaque Personne possède une volonté, des émotions, est consciente des deux autres, parle des autres, et honore les autres. C’est dans ce sens que le Dieu trinitaire est décrit comme trois Personnes distinctes.

3) Au sein de la Trinité, « il n'est rien qui ne soit avant ou après, rien qui ne soit plus grand ou plus petit » :

« égal au Père selon la divinité, inférieur au Père selon l'humanité. Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'y a pas cependant deux Christ, mais un Christ… un absolument, non par un mélange de substance, mais par l'unité de la personne » (Symbole d’Athanase)

Avant son incarnation, Jésus était Un en personne et UN en nature. Gardant cette nature divine, Jésus prit sur lui, lors de son incarnation, une nature supplémentaire - la nature humaine. Il possède DEUX natures tout en restant UNE personne.

« Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ ; existant en forme de Dieu, il n’a point regardé son égalité avec Dieu comme une proie à arracher, mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et il a paru comme un vrai homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix » (Philippiens 2 v 5-8).

Ses deux natures ne sont pas mélangées. Il n’est pas demi-homme et demi-Dieu, il est UN. « Un absolument, non par un mélange de substance, mais par l'unité de la personne ». Dans sa nature divine, Jésus est « égal » au Père. Mais dans sa nature humaine, il est « inférieur au Père », il est totalement soumis à la volonté du Père. Opérant avec les limitations de son humanité, Jésus était capable d’expérimenter toutes les épreuves et les tentations communes à l’homme. Mais il a vécu une vie parfaite, sans péché, et s’est offert comme sacrifice propitiatoire pour les péchés de son peuple.

« Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il rende impuissant celui qui avait la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable ; ainsi il délivre tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. Car assurément ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais c’est à la postérité d’Abraham. En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il soit un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple ; car, du fait qu’il a souffert lui-même et qu’il a été tenté, il peut secourir ceux qui sont tentés. » (Hébreux 2 v 14-18)

« Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons. Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. » (Hébreux 4 v 15)

Une notion qui « dépasse l’entendement humain » (p.4)

« … nombreux sont les croyants sincères qui le trouvent déroutant et contraire au bon sens ainsi qu’à tout ce que leur a enseigné l’expérience. Comment se peut-il, demandent ces personnes, que le Père soit Dieu, que Jésus soit Dieu et que le Saint-Esprit soit Dieu, et que pourtant ces trois Dieux ne constituent qu’un seul Dieu ? »

« … La doctrine de la Trinité déconcerte beaucoup de gens. Selon l’Encyclopédie américaine, on la tient pour une notion qui « dépasse l’entendement humain ». »

« … le jésuite Joseph Bracken… ajoute… : « La Trinité appartient au domaine doctrinal. Elle n’a que peu ou pas [d’effet] sur la vie quotidienne et le culte du chrétien ». »

« … car la révélation divine ne donne pas de Dieu une telle image : « Dieu n’est pas un Dieu de désordre » - 1 Corinthiens 14 v 33, Bible de Jérusalem. En conséquence, comment Dieu pourrait-il être à l’origine d’une doctrine censée le faire connaître, mais qui est si déconcertante… »

(Doit-on croire à la Trinité ?, p.4 et 5)

La Société Watchtower argumente que Dieu ne peut pas être l’auteur de la doctrine de la Trinité parce qu’elle est déconcertante, et que le texte de 1 Corinthiens 14 v 33 dit que « Dieu n’est pas un Dieu de désordre ». Cet argument est-il valide ?

Quand on regarde le contexte de 1 Corinthiens 14, on remarque que ce passage traite de l’unité parmi les croyants dans l’église de Corinthe. Le fait que des êtres humains limités ne puissent pas comprendre le Dieu infini et peuvent même être déconcertés lorsqu’ils cherchent à le comprendre, n’enlève en rien le fait que « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix ». Même si beaucoup sont déconcertés et trouvent cette doctrine difficile à comprendre, est-ce une raison valide pour la rejeter ?

Dans leur livre intitulé « Reasoning from the Scriptures », la Société des Témoins de Jéhovah affirme ceci : (traduction personnelle – je n’ai pas pu avoir de copie en langue française)

« Dieu a-t-il un commencement ? Le Psaume 90 v 2 dit : « Avant que les montagnes soient nées… d’éternité en éternité tu es Dieu. » Cela peut-il se comprendre ? Notre raison ne peut le saisir complètement. Mais ce n’est pas un motif valable pour le rejeter. Considérez des exemples : (1) Le temps… Nous ne rejetons pas l’idée du temps à cause de certains aspects que nous ne comprenons pas complètement… La même chose s’applique pour l’existence de Dieu… Devrions-nous nous attendre à tout comprendre au sujet d’une Personne qui est si puissante qu’elle a amené à l’existence l’univers, avec toute la précision de ses détails et son immensité stupéfiante ? » (Reasoning from the Scriptures, 1989, p.148-149)

Comment celui qui est limité peut-il comprendre celui qui est infini ? Tout comme la société Watchtower le reconnaît, il y a des aspects de Dieu que nous ne comprenons pas. De ce fait, personne ne peut rejeter une qualité de Dieu simplement sur la base que le concept « dépasse l’entendement humain ».

« Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. » (1 Corinthiens 13 v 12)

« C’est ce qu’il (Paul) fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine. » (2 Pierre 3 v 16)

Bien que la raison humaine ne puisse pas comprendre complètement la Trinité, elle peut l’appréhender et la voir illustrée dans le monde naturel. Prenez, par exemple, une illustration impliquant trois bougies. Lorsque l’on allume les trois mèches, les flammes sont distinctes et séparées. Mais lorsque l’on rapproche les bougies pour combiner les flammes, il n’y a qu’une seule flamme.  Puisque nous savons par les Écritures que Dieu est Esprit (Jean 4 v 24 : « Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité »), est-il inconcevable de penser que les trois Personnes de la Trinité (qui sont de nature divine) soient unies dans un Être composé qui soit Jéhovah-Dieu ? Tout comme les trois flammes peuvent s’unir en une seule, c’est dans ce sens que l’on peut appréhender comment chaque Personne de la Trinité est séparée et distincte, et pourtant UN SEUL DIEU. L’Encyclopédie américaine fait cette remarque concernant ce principe :

« Il est entendu que, même si la doctrine dépasse l’entendement humain, elle n’est pas, comme un grand nombre de formulations de science physique, contraire à la raison, et peut donc être étudiée (bien qu’elle ne soit pas complètement comprise) par la raison humaine. » (The Encyclopedia Americana, vol. 27, p. 116)

Pour ce qui concerne l’implication pratique de la Trinité, Robert M. Bowman a ceci à dire :

« L’une des réclamations exprimées dans la brochure des Témoins de Jéhovah, à travers les citations de l’Encyclopédie catholique et du théologien catholique Joseph Bracken, est que la doctrine de la Trinité apparaît comme impraticable et non pertinente, même pour un grand nombre de personnes qui croient dans la Trinité (p.4). Il est vrai que dans beaucoup d’églises aujourd’hui, il y n’y a que peu de gens qui apprécient la Trinité, même là où l’on reconnaît sa véracité. Mais ces mêmes églises, dans leur ensemble, montrent peu d’appréciation pour la pertinence de la Bible dans leurs vies, et ce malgré la reconnaissance officielle de la Bible comme la Parole de Dieu. Cela est surtout vrai dans les églises catholiques (peut-être pas toutes). Mais le fait qu’ils n’apprécient pas la Trinité n’est pas une preuve que cette doctrine est fausse, tout comme leur manquement dans l’appréciation de la Bible n’est pas une manque de preuve dans la véracité de la Bible comme étant la Parole de Dieu. Le fait est que là où l’on n’accepte pas la Trinité simplement du bout des lèvres, mais, comme le dit le Symbole d’Athanase, où les gens « vénèrent (adorent) un Dieu en Trinité », là la doctrine a une signification et une pertinence énormes. Les « Trinitairiens » ont l’assurance que celui qui les a sauvés, Jésus-Christ, n’est pas moins que Dieu lui-même. Ils se réjouissent aussi de savoir que c’est Dieu lui-même, en la personne du Saint-Esprit, qui habite dans leurs cœurs. » (Why you should believe in the Trinity, 1989, pp.18-19)

La doctrine de la Trinité devient encore plus pertinente lorsque l’on reconnaît que Jésus a affirmé que l’homme doit aller directement à Lui pour recevoir le don gratuit de la vie éternelle.

« Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! » (Jean 5 v 39-40)

« Jésus leur dit : Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » (Jean 6 v 35)

« Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi. » (Jean 6 v 37)

« Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi. » (Jean 6 v 44-45)

« La Bible enseigne-t-elle vraiment la Trinité ? » (p.5)

« Les croyants du 1er siècle reconnaissaient dans les Écritures l’authentique révélation de Dieu. C’était là le fondement de leur foi, l’autorité suprême. »

Puisque la Bible peut « remettre les choses en ordre », elle doit sûrement révéler de façon claire la vérité sur cette question aussi fondamentale, au dire de ses défenseurs, que la Trinité. Cependant, quel est l’avis des théologiens et des historiens ? Affirment-ils que la Bible enseigne clairement la Trinité ? »

« Voici ce qu’on peut lire dans un ouvrage protestant : « Le mot Trinité ne figure pas dans la Bible (…). Il n’a été officiellement introduit dans le vocabulaire théologique de l’Église qu’au 4ème siècle. » (Dictionnaire biblique illustré, ang.). La Nouvelle Encyclopédie catholique (ang.) précise pour sa part que la Trinité « n’est pas (…) directement et immédiatement parole de Dieu ». »

(Doit-on croire à la Trinité ?, p.5)

En cherchant à faire appel à la communauté des érudits pour donner un peu de crédibilité à leurs propos, les Témoins de Jéhovah citent des déclarations d’autorités catholiques, protestantes, et même séculières tout au long de leur brochure. Alors qu’ils citent régulièrement le titre des livres, l’on pourra chercher en vain pour trouver les numéros de page d’où ces citations sont prises. De plus, en examinant les sources originales de plus près, il devient évident que la Société des Témoins a mal représenté ces érudits dans une tentative de solliciter leur appui pour défendre la position jéhoviste. Examinons un instant certaines de ces citations dans leur contexte (notez qu’à travers cette réponse aux Témoins de Jéhovah, les sections en bleu et soulignées sont les portions de texte que les Témoins de Jéhovah citent hors de leur contexte).

« Le mot Trinité ne figure pas dans la Bible, et bien qu’il ait été utilisé par Tertullien dans la dernière décennie du 2ème siècle, il n’a été officiellement introduit dans le vocabulaire théologique de l’Église qu’au 4èmesiècle… Bien que ce ne soit pas une doctrine biblique dans le sens qu’aucune formulation de cette doctrine ne se trouve dans la Bible, elle peut cependant se voir comme fondement de la révélation de Dieu, implicitement dans l’Ancien Testament, et explicitement dans le Nouveau Testament. » (The Illustrated Bible Dictionary, part 3, p.1597)

« La formulation du 4ème siècle du mystère trinitaire est au moins implicitement parole de Dieu, et donc fait partie du crédo chrétien. D’un autre côté, elle n’est pas, comme nous l’avons déjà vu, directement et immédiatement parole de Dieu. » (The New Catholic Encyclopedia, vol.14, p.304)

Les mots-clés dans ces citations sont « formulation », « implicitement » et « explicitement ». Ce que ces érudits et bien d’autres disent c’est que, bien que l’on ne puisse pas trouver de formulation de la doctrine de la Trinité affirmée de façon explicite dans la Bible, les concepts qui forment la base de la doctrine sont clairement manifestes. Ainsi, le « mystère trinitaire est au moins implicitement parole de Dieu ».

Le témoignage des Écritures hébraïques et grecques (p.6)

« Si l’on ne trouve pas le mot « Trinité » dans la Bible, peut-on dire que la notion de Trinité y est enseignée de façon claire ? Que nous apprennent à ce propos les Écritures hébraïques (l’ « Ancien Testament ») ? »

(Doit-on croire à la Trinité ?, p.6)

Il est vrai que le mot « Trinité » ne se trouve pas dans la Bible, mais cela ne veut pas dire que ce n’est pas un concept biblique. Le mot « omniscient » ne se trouve pas dans la Bible, mais personne ne nierait le fait que Dieu est omniscient (qu’il sait tout) simplement parce que le mot ne figure pas dans la Bible. En fait, le concept de l’omniscience de Dieu peut se trouver à travers tout l’Ancien et le Nouveau Testaments. Et l’on peut dire la même chose au sujet de la doctrine de la Trinité.

À ce stade, la Société Watchtower continue de mal représenter les érudits pour donner l’impression que la communauté scolastique appuie leur affirmation que la doctrine de la Trinité ne se trouve ni dans l’Ancien ni dans le Nouveau Testaments. Examinons ces citations dans leur contexte.

« L’Encyclopédie des religions »

Bien que l’Encyclopédie des religions déclare que « les théologiens contemporains s’accordent à dire que la Bible hébraïque ne contient pas de doctrine relative à la Trinité », et que « les théologiens sont unanimes à reconnaître que le Nouveau Testament ne contient lui non plus aucune doctrine explicite de la Trinité », cette même Encyclopédie continue en parlant de « textes binitairiens » et du fait qu’un grand nombre de passages communique le concept de la Trinité lorsque « Dieu prend notre humanité en Christ », et que l’origine de la doctrine de la Trinité « peut être recherchée de façon légitime dans la Bible… Ce que les Écritures rapportent comme étant l’activité de Dieu… est la source de la doctrine trinitaire qui s’exprimera plus tard. » (The Encyclopedia of Religion, vol.15, p.54)

« La Nouvelle Encyclopédie catholique »

Bien que la Nouvelle Encyclopédie catholique déclare que « La doctrine de la Sainte Trinité n’est pas enseignée dans l’A[ncien] T[estament] », elle poursuit par l’affirmation suivante :

« Dans le Nouveau Testament, la plus ancienne évidence est dans les lettres de Paul, en particulier 2 Corinthiens 13 v 13 et 1 Corinthiens 12 v 4-6. Dans les Évangiles, on trouve l’évidence de la Trinité de façon explicite uniquement dans la formule baptismale en Matthieu 28 v 19… Dans beaucoup d’endroits de l’Ancien Testament, cependant, les Pères de l’Église ont vu dans certaines expressions utilisées des références ou des annonces de la Trinité… les esprits du peuple de Dieu étaient progressivement préparés aux concepts qui allaient être impliqués avec cette révélation de la doctrine de la Trinité qui allait être donnée. » (New Catholic Encyclopedia, vol.14, p.306)

« Le Dieu trin, par le jésuite Edmund Fortman »

Bien que Fortman déclare que « L’Ancien Testament (…) ne nous dit rien, implicitement ou explicitement, d’un Dieu trin qui serait Père, Fils et Saint-Esprit. (…)Il n’existe aucune preuve qu’un quelconque des auteurs sacrés ait seulement soupçonné l’existence d’une [trinité] en Dieu (…) Voir dans [l’ « Ancien Testament »] ne serait-ce que des allusions, des pressentiments ou des « signes voilés » à propos d’une Trinité de personnes, c’est aller au-delà des mots et des intentions des auteurs sacrés », il qualifie ses déclarations ainsi :

« On pourra peut-être dire que certains de ces écrits au sujet de la parole, de la sagesse et de l’esprit, ont pourvu un climat dans lequel une pluralité au sein de la Divinité était concevable pour les Juifs. Cependant, ce sont ces auteurs qui nous donnent de façon certaine les mots qu’utilise le Nouveau Testament pour décrire la Trinité de personnes, Père, Fils, Parole, Sagesse, Esprit. » (The Triune God, 1972, p.9)

En ce qui concerne le Nouveau Testament, la Société Watchtower ne cite qu’une partie des déclarations du jésuite Edmund Fortman. Mais notez ci-dessous la partie que la Société a écartée de sa citation :

« Si l’on prend les auteurs du Nouveau Testament ensemble, ils nous disent qu’il n’y a qu’un seul Dieu, le créateur et seigneur de l’univers… Ils appellent Jésus Fils de Dieu, Messie, Seigneur, Sauveur, Parole, Sagesse. Ils lui attribuent les fonctions divines de création, de salut, de jugement. Parfois ils l’appellent Dieu de façon explicite… Ils nous donnent dans leurs écrits une base et des formules « triadiques »… Ils ne formulent aucune doctrine officielle de la Trinité et ne donnent aucun enseignement explicite selon lequel il existerait en un seul Dieu trois personnes divines coégales. Mais ils nous donnent un trinitarianisme élémentaire, les données à partir desquelles une telle doctrine officielle du Dieu Trinitaire peut être formulée. » (Triune God, pp.XV-XVI)

« La Nouvelle Encyclopédie britannique »

La Nouvelle Encyclopédie britannique affirme avec justesse que « le mot Trinité ne figure pas dans le Nouveau Testament. La doctrine qu’il désigne n’y est jamais énoncée explicitement », mais poursuit en montrant que même si « la doctrine explicite » n’est jamais énoncée, elle est sous-entendue dans les pages des Écritures. « Ainsi, le Nouveau Testament a établi la base pour la doctrine de la Trinité. » (The New Encyclopedia Britannica, vol.11, p.928)

« Le théologien protestant Karl Barth »

Selon le Nouveau Dictionnaire international de théologie du Nouveau Testament, Karl Barth (1886-1968) était un théologien suisse qui a étudié auprès de certains des plus grands érudits libéraux de son temps. Étant donné que les théologiens libéraux ont tendance à nier les doctrines fondamentales du Christianisme, il n’est pas inhabituel de trouver un érudit libéral affirmer que « l’on ne trouve pas dans la Bible la déclaration expresse selon laquelle le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont d’essence égale ». Cependant, malgré cela, Barth a tout de même admis ceci : « La base de la théologie est la Trinité vivante en elle-même. La Parole de Dieu n’est pas une chose ou un objet, mais Dieu lui-même qui parle. »1 Le point que fait Barth dans son livre est que bien que l’on ne trouve pas dans la Bible de « déclaration expresse » de la Trinité, « le Nouveau Testament contient avec certitude la formule fixe en trois partie de 2 Corinthiens 13 v 13 (EEV 14) dans laquelle Dieu, le Seigneur Jésus-Christ et l’Esprit sont mentionnés ensemble (voir 1 Corinthiens 12 v 4 et suivants). La Trinité du Père, Fils et Saint-Esprit apparaît uniquement dans la formule baptismale en Matthieu 28 v 19. »2 (1. New International Dictionary of the Christian Church, 1978 [J.D. Douglas, Zondervan Publishing House, Grand Rapids, MI], p.107) (2. The New International Dictionary of New Testament Theology, vol.2, p.84)

Est-il surprenant que dans la brochure des Témoins de Jéhovah, il n’y ait aucune mention des pages et des volumes desquels ils tirent leurs citations ?

Comme nous l’avons souligné, quand on examine ces citations dans leur contexte original, ces érudits ne disent pas que la doctrine de la Trinité est étrangère à la Bible. Au contraire, la Bible pourvoit la base à partir de laquelle la doctrine de la Trinité est formulée. Bien que la doctrine de la Trinité ne soit pas déclarée de façon explicite, elle est certainement implicite dans les pages des Écritures.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

Le site va changer d'adresse en novembre 2012.

À partir du 22 octobre, l'adresse est

www.levangileaujourdhui.net.

×